La transition entre le RIC VI et le RIC VII : quelques observations sur les émissions monétaires de fin 312 à début 313

The Transition between RIC VI and RIC VII: Some Observations on the Coin Issues of Late 312 and Early 313( English version )

Alors que le Roman Imperial Coinage, volume VI (RIC VI), fête cette année le soixantième anniversaire de sa publication, et que le RIC VII célébrera le sien l’an prochain, il est intéressant de revenir sur la transition entre ces deux ouvrages de référence. Cette question est particulièrement intéressante pour le monnayage de Licinius Ier, réparti entre les deux volumes. Les découvertes numismatiques réalisées depuis leur publication permettent en effet de préciser la chronologie de certaines émissions et, surtout, de proposer une nouvelle lecture de la transition entre les RIC VI et VII.

Le RIC VI se termine avec la disparition de Maximin II des émissions monétaires, événement qui semble coïncider avec la réduction pondérale du monnayage de bronze, dont le poids théorique passe de 1/72 à 1/96 de livre, soit de 4,5 g à environ 3,37 g.

L’étude des différentes émissions montre toutefois que cette évolution s’est en réalité opérée en deux étapes, dont la première est intervenue avant la disparition de Maximin II des émissions monétaires.

Pour le démontrer, nous nous concentrerons d’abord sur les dernières émissions des ateliers de Trèves et de Londres frappées au nom de Constantin Ier, afin de les comparer aux émissions des trois ateliers monétaires de Licinius Ier à la fin de l’année 312 et au début de l’année 313 : Héraclée, Siscia et Thessalonique.

Trèves

À Trèves, l’émission T-F / PTR, au 1/72 de livre, est la dernière dans laquelle apparaît encore Maximin II. Si Constantin réserve le revers GENIO POP ROM à ses deux collègues, il convient de noter que Maximin II est également associé au revers SOLI INVICTO COMITI. Ces monnaies demeurent toutefois extrêmement rares. En revanche, aucun exemplaire équivalent pour Licinius Ier n’est connu à ce jour.

Cette légère différence pourrait signifier que Constantin ne réservait pas exactement le même traitement iconographique à ses deux collègues dans le monnayage de Trèves. Bien que les émissions de Maximin II aux revers SOLI INVICTO COMITI soient exceptionnelles, leur seule existence révèle une distinction qui ne semble pas avoir été accordée à Licinius Ier.

En l’état actuel de la documentation, cette disparité pourrait traduire une hiérarchie, ou tout au moins une nuance dans les choix politiques entretenus par Constantin envers ses collègues. Cette interprétation doit néanmoins rester prudente, puisqu’elle repose uniquement sur les exemplaires actuellement recensés.

Londres

À Londres, on retrouve globalement les mêmes caractéristiques qu’à Trèves, le revers GENIO POP ROM étant exclusivement réservé aux deux collègues de Constantin.

On observe toutefois une évolution dans le traitement iconographique à partir du moment où le buste de Maximin II disparaît des émissions. Dans l’émission – * / PLN, Maximin II semble, comme à Trèves, bénéficier d’un traitement légèrement plus favorable, puisqu’il est une nouvelle fois le seul à être associé au revers PRINCIPI IVVENTVTIS.

En revanche, dans la dernière émission au 1/72 de livre, (*- / PLN), Maximin II disparaît complètement des monnaies au revers GENIO POP ROM, tandis que Constantin associe davantage Licinius Ier à son monnayage que dans l’émission précédente, en le faisant également figurer, bien que de manière très mesurée, sur les revers SECURITAS AVGG NN, COMITI AAVVGG et enfin MARTI CONSERVATORI, ce dernier n’ayant pas encore été répertorié dans le RIC.

La découverte d’une monnaie au nom de Maximin II, portant le revers SECVRITAS AVGG NN au standard du 1/72 de livre, avec l’étoile à gauche (* – / PLN), montre que c’est bien avec ce revers que débute cette nouvelle émission. Elle indique également que Constantin Ier avait, dans un premier temps, associé Maximin II à cette émission.

Ainsi, au vu de ces constatations, le rapprochement entre Constantin et Licinius, mis en exergue par la rencontre de Milan du 13 février 313, apparaît davantage comme un calcul politique que comme l’expression d’une entente véritablement sincère.

La monnaie SECVRITAS AVGG NN au nom de Maximin II permet également de replacer l’émission (*- / PLN) en février-mars 313, c’est-à-dire à la même période que celle de Trèves (T-F / PTR) et non plus à la fin de l’année 312.

L’étude des monnaies de Trèves et de Londres correspondant aux dernières émissions du RIC VI confirme qu’elles ont toutes été frappées au 1/72 de livre, avec un diamètre de grènetis d’environ 22 mm.

En revanche, les monnaies au nom de Constantin Ier au revers SOLI INVICTO COMITI de l’émission (* – / PLN) doivent effectivement être déplacées dans le volume suivant. Maximin II y est alors absent, tandis que ces monnaies sont frappées au 1/96 de livre, avec un diamètre de 20 mm et une masse moyenne de 3,41 g pour 35 exemplaires.

Dans ce cas, la disparition de Maximin II des émissions monétaires, au printemps 313, correspondrait effectivement, dans les ateliers contrôlés par Constantin, à un changement monétaire faisant passer le numéraire du standard de 1/72 de livre et 22 mm à celui de 1/96 de livre et environ 20 mm de diamètre.

Cette évolution s’effectue toutefois en conservant les mêmes marques d’émission : T-F / PTR à Trèves et *- / PLN à Londres. La conservation de ces marques suppose que la réforme a été réalisée avec relativement peu d’anticipation, tout en ayant été mise en œuvre de manière coordonnée.

Voyons maintenant ce qu’il en est dans les ateliers monétaires de Licinius Ier

Héraclée

La cité d’Héraclée relevait encore de l’autorité de Licinius Ier au moment de sa rencontre avec Constantin Ier à Milan. Avant d’en être brièvement dépossédé par Maximin II, l’atelier émettait des monnaies au nom des trois empereurs avec la légende IOVI CONSER-VATORI AVGG (RIC VI 73 à 75).

Licinius I, RIC VI 73,1°off
Maximin II, RIC VI 74,1°off
Constantin I, RIC VI 75, 1°off
HéracléeLicinius I RIC VI 73Maximin II RIC VI 74Constantin II RIC VI 75
Nombre d’exemplaires relevés812620
masse moyenne3,45g (55 ex)3,51 g ( 26 ex)3,39 g (35ex)

Si l’on se fie à l’importante quantité de monnaies à l’effigie de Licinius Ier, celles-ci pourraient avoir été produites dès la fin de l’année 312.

Avec un diamètre de grènetis d’environ 22 mm et une masse comprise entre 3,39 g — moyenne établie sur 35 exemplaires de Constantin I — et 3,45 g — moyenne de 55 exemplaires de Licinius Ier —, on constate que Licinius a déjà entamé une réduction pondérale par rapport aux émissions précédentes, tout en conservant le même diamètre.

À titre de comparaison, le RIC VI 68 présente une masse moyenne de 4,65 g pour 31 exemplaires. La réduction observée à Héraclée correspond donc à un rapport proche du standard théorique de 1/96 de livre.

Il y eut ensuite un bref intermède monétaire au cours duquel Maximin II s’empara d’Héraclée après huit jours de siège. L’atelier émit alors de nouvelles monnaies en revenant à une taille au 1/64 de livre, comme le montre l’exemple présenté ci-dessous.

Il est intéressant de noter que cette production semble avoir été préparée par anticipation. Les coins utilisés pourraient en effet ne pas avoir été gravés par le personnel habituel d’Héraclée, mais avoir été préparés par des graveurs de l’atelier d’Antioche. C’est ce que semble montrer la comparaison stylistique entre les deux ateliers, comme l’illustrent les images présentées ci-dessous. Cette hypothèse expliquerait la rapidité avec laquelle le changement de production a pu être mis en œuvre après la prise de la cité.

Héraclée RIC VI 66, 2°off
Héraclée RIC VI 66, 3°off
Héraclée RIC VI 69A, 4°off
Antioche RIC VI 61, 2°off
Antioche RIC VI 61, 2°off
Antioche RIV VI 162b, 9°off

Le 13 avril 313, Licinius infligea une défaite décisive à Maximin II lors de la bataille de Tzirallum, près de l’actuelle Çorlu, dans la partie européenne de la Turquie. Bien que disposant de forces nettement inférieures en nombre, il parvint à mettre en déroute son adversaire, qui s’enfuit précipitamment en retraversant le Bosphore pour regagner l’Asie Mineure.

L’émission suivante d’Héraclée reprend le même revers, mais avec une césure différente : IOVI CONS-ERVATORI AVGG (RIC VII 5 et 6). Cette fois, Maximin II n’y apparaît plus.

Cette émission doit naturellement être placée dans le RIC VII, tout en conservant pourtant les mêmes caractéristiques pondérales et dimensionnelles que les RIC VI 73 à 75. Le RIC VII 6, par exemple, présente une masse moyenne de 3,51 g pour 31 exemplaires.

Constantin I, RIC VII 5, 5°off
Licinius I, RIC VII 6 , 2°off

Cette continuité constitue un élément important : le changement de volume du RIC ne correspond donc pas nécessairement à une rupture dans les caractéristiques du monnayage. Dans le cas d’Héraclée, une émission classée dans le RIC VII apparaît comme la continuation directe d’une émission du RIC VI, la principale différence étant désormais l’absence de Maximin II.

Siscia

L’atelier monétaire de Licinius situé le plus à l’ouest a probablement commencé à produire des émissions au 1/96 de livre au même moment qu’Héraclée, à la fin de l’année 312 ou au début de 313, en commençant par les monnaies aux bustes cuirassés.

La légende de revers est toutefois différente de celle d’Héraclée : IOVI CONSERVATORI AVGG NN, « À Jupiter, protecteur de nos Augustes » (RIC VI 233a, 233b et 233c).

RIC VI 233a, 5°off
RIC VI 233b, 5°off
RIC VI 233c, 5°off
SisciaLicinius I RIC VI 233aMaximin II RIC VI 233bConstantin II RIC VI 233c
Nombre d’exemplaires relevés812821
masse moyenne3,55g (55 ex)3,37 g ( 28 ex)3,45 g (19ex)

Les bustes laurés, drapés et cuirassés semblent ensuite succéder aux bustes uniquement cuirassés, au moment où la production s’intensifie. Cette augmentation pourrait avoir été considérable, peut-être jusqu’à tripler le volume de production de la série aux bustes cuirassés, et cela pour chacun des trois empereurs.

Comme pour les émissions aux bustes cuirassés, les monnaies frappées au nom de Maximin II paraissent toutefois plus nombreuses que celles de Constantin Ier. À ce stade de l’étude, il est néanmoins prématuré d’y voir une volonté délibérée de la part de Licinius.

Cette impression est cependant confortée par les indices de rareté du RIC VI, qui attribuait aux émissions de Constantin Ier à buste cuirassé un indice de rareté S (Scarce), contre C (Common) pour celles de Maximin II.

Licinius I , RIC VI 234a, 3°off
Maximin II, RIC VI 234b, 3°off
Constantin I, RIC VI 234c, 3°off
SisciaLicinius I, RIC VI 234aMaximin II, RIC VI 234bConstantin I, RIC VI 234c
Nombre d’exemplaires relevés2567668
masse moyenne3,46 g (55 ex)3,48 g ( 39ex)3,39 g ( 30 ex)

La dernière phase de cette émission s’est achevée avec les bustes nus. Dans la numérotation du RIC VI, ceux-ci sont placés avant les deux autres catégories de bustes, mais ils sont également présents dans le RIC VII (RIC VII 3 et 4), attribution justifiée par l’absence supposée de Maximin II pour ce type de buste.

Cette double attribution doit cependant être corrigée depuis la découverte d’un exemplaire au nom de Maximin II.

Chronologiquement, la série aux bustes nus prend place immédiatement après celle aux bustes laurés, drapés et cuirassés. Elle a très probablement débuté en février 313, lorsque Licinius apprend l’invasion de ses territoires par Maximin II, pour s’achever avec la disparition de ce dernier des émissions monétaires.

Dans cette perspective, les RIC VII 3 et 4, attribués respectivement à Constantin Ier et à Licinius Ier, devraient désormais être regroupés avec les RIC VI 232a et 232b.

Licinius I, RIC VI 232a, 3°off
Constantin I, RIC VI 232b, 4°off
SisciaLicinius I, RIC VI 232aMaximin II, RIC VI ( ap232a)Constantin I, RIC VI 232b
Nombre d’exemplaires relevés264193
masse moyenne3,38 g (62 ex)3,56 g 3,42 g ( 31 ex)

Par la diversité des bustes qu’elle présente, révélée par les découvertes intervenues depuis la publication du RIC VI, cette émission au revers IOVI CONSERVATORI AVGG NN occupe une place singulière dans le monnayage de Licinius Ier. Elle comprend notamment des bustes consulaires au nom des trois empereurs.

Ces derniers, normalement émis à l’occasion de leur entrée en charge consulaire, le 1er janvier 313, soulèvent toutefois une question chronologique : marquent-ils le début de cette émission ou s’intercalent-ils entre deux séries distinctes ? En l’état actuel des connaissances, il est difficile de trancher.

Quoi qu’il en soit, l’ensemble de ces émissions donne l’impression que Licinius s’efforce encore de ménager Maximin II, malgré son rapprochement politique avec Constantin Ier.

Thessalonique

L’émission – A / .SM.TS. de Thessalonique a vraisemblablement débuté au même moment que celle de Siscia, comme le suggère le partage de la même légende de revers : IOVI CONSERVATORI AVGG NN.

L’emploi de l’abréviation NN (Nostrorum) est relativement rare dans le monnayage de Licinius Ier. En utilisant cette formulation, Licinius pouvait vouloir donner, au moins en apparence, l’image d’une certaine unité du collège impérial.

L’atelier de Thessalonique semble avoir connu une activité relativement modeste entre 312 et 313, comparativement à Siscia et, plus encore, à Héraclée, dont la production paraît avoir été près de dix fois plus importante dès la fin de l’année 312.

Cette disparité pourrait s’expliquer par la concentration des troupes de Licinius dans la région d’Héraclée, nécessitant des émissions monétaires plus abondantes pour assurer leur solde. Il ne s’agit toutefois que d’une hypothèse, car d’autres facteurs administratifs ou logistiques ont également pu intervenir.

Comme pour les deux ateliers précédemment étudiés, Thessalonique présente elle aussi une réduction pondérale de ses émissions. Ce parallèle constitue un argument supplémentaire en faveur d’une mise en œuvre relativement simultanée de cette réforme dans les trois ateliers monétaires de Licinius.

Licinius, RIC 51 3°off
Maximin II , RIC 52a 2°off
Constantin I, RIC 52b 5°off
ThessaloniqueLicinius I, RIC VI 51Maximin II, RIC VI 52aConstantin I, RIC VI 52b
Nombre d’exemplaires relevés2675
masse moyenne3,50 g (23ex)3,41 g (7ex) 3,29 g (5ex)
ThessaloniqueLicinius I, RIC VI 54Maximin II, RIC VI ap54Constantin I, RIC VI ap54
Nombre d’exemplaires relevés17155
masse moyenne3,48 g ( 16 ex)3,45 g ( 15 ex) 3,82 g (3ex)

La dernière émission du RIC VI, – / .TS.A (RIC VI 60, 61a et 61b), reprend la même légende de revers que la précédente et confirme la réduction pondérale du monnayage, désormais frappé à environ 1/96 de livre, tout en conservant un diamètre de grènetis proche de 22 mm.

Cette émission a vraisemblablement débuté au tout début de l’année 313, puisque Maximin II y est encore représenté dans une proportion importante. Si l’on confronte les données numismatiques à la chronologie des événements, la durée de production des monnaies à son nom peut être estimée à environ six semaines.

Comme nous l’avons vu précédemment, Licinius paraît avoir veillé à maintenir une certaine équité entre les émissions au nom de Maximin II et celles de Constantin Ier. Il est dès lors tentant d’interpréter le rapport du nombre de monnaies 2,5 plus important en faveur de Constantin Ier comme un indice chronologique permettant de préciser la fin de cette émission.

En effet, un tel rapport correspondrait à une durée totale de production d’environ seize semaines, ce qui conduirait à situer son achèvement entre la fin du mois d’avril et le début du mois de mai 313, c’est-à-dire au moment même de la disparition de Maximin II des émissions monétaires.

Les frappes au nom de Licinius Ier se distinguent, quant à elles, par un volume exceptionnel. Cette forte production s’explique probablement par les circonstances militaires : la campagne menée contre Maximin II, conjuguée à la perte temporaire de l’atelier d’Héraclée, a vraisemblablement contraint Thessalonique à prendre le relais d’une partie de la production monétaire destinée à l’armée et aux besoins de l’administration impériale.

Une difficulté demeure néanmoins : comment un atelier dont l’activité était jusque-là relativement modeste a-t-il pu augmenter aussi rapidement sa capacité de production ? Cette question reste, à ce stade, sans réponse satisfaisante.

Licinius I, RIC VI 60 ,4°off
Maximin II, RIC VI 61a, 1°off
Constantin I, RIC VI 61b, 2°off
ThessaloniqueLicinius I, RIC VI 60Maximin II, RIC VI 61aConstantin I, RIC VI 61b
Nombre d’exemplaires relevés90940104
masse moyenne3,36 g ( 55 ex)3,51 g (39 ex) 3,25 g (39ex)

Une réforme en deux temps

L’ensemble de ces observations conduit à envisager que la réduction pondérale au 1/96 de livre aurait été introduite en premier dans les ateliers de Licinius Ier — Héraclée, Siscia et Thessalonique — dès la fin de l’année 312 ou au tout début de l’année 313, soit plusieurs mois avant son adoption dans les ateliers placés sous l’autorité de Constantin Ier.

Cette évolution présente une particularité importante. Dans les ateliers de Licinius, le passage au nouveau standard ne semble pas avoir été immédiatement accompagné d’une réduction du diamètre. Les monnaies conservent en effet un diamètre de grènetis proche de 22 mm, malgré une masse désormais comparable à celle attendue pour un standard au 1/96 de livre.

Il s’agit donc, dans un premier temps, d’une réduction essentiellement pondérale, les caractéristiques physiques du numéraire précédent étant temporairement conservées.

La situation observée dans les ateliers de Constantin est différente. Celui-ci ne semble avoir adopté le nouveau standard qu’après la disparition de Maximin II des émissions monétaires, au printemps 313. Le changement paraît alors avoir été plus complet, avec un passage direct du standard de 1/72 de livre et 22 mm à celui de 1/96 de livre et environ 20 mm de diamètre.

Cette évolution s’effectue toutefois en conservant les mêmes marques d’émission : T-F / PTR à Trèves et *- / PLN à Londres. La conservation de ces marques suppose que la réforme a été réalisée avec relativement peu d’anticipation, tout en ayant été mise en œuvre de manière coordonnée.

Cette différence entre les deux ensembles monétaires est particulièrement intéressante. Elle pourrait traduire une mise en œuvre indépendante de la réforme par les deux empereurs. Dans les territoires de Licinius, le nouveau standard aurait été adopté plusieurs mois avant son apparition dans les ateliers de Constantin, mais sans modification immédiate du diamètre. Constantin, quant à lui, aurait attendu la disparition de Maximin II pour adopter directement une monnaie à la fois plus légère et de diamètre réduit.

Il serait tentant d’interpréter cette différence comme le signe d’une volonté d’affirmation monétaire de Constantin face à Licinius. Une telle lecture politique ne peut toutefois être démontrée avec certitude.

Une explication plus technique doit également être envisagée. Maintenir un diamètre de 22 mm tout en réduisant fortement la masse entraîne en effet une diminution importante de l’épaisseur des flans, ce qui peut les rendre plus fragiles lors de la frappe et augmenter les risques de déformation ou de fissuration. La réduction du diamètre pourrait ainsi répondre, au moins en partie, à la nécessité d’adapter les dimensions du flan à son nouveau poids.

La réforme apparaît donc moins comme une mesure uniforme imposée simultanément à l’ensemble de l’Empire que comme un processus évolutif, dont les modalités semblent avoir dépendu des autorités et des ateliers concernés.

Les ateliers de Licinius auraient expérimenté dès la fin de 312 ou le début de 313 une réduction pondérale tout en conservant temporairement le diamètre antérieur, tandis que ceux de Constantin n’auraient adopté qu’au printemps 313 un standard combinant réduction du poids et diminution du diamètre.

Cette chronologie remet ainsi en question l’idée traditionnelle faisant coïncider la disparition de Maximin II avec l’introduction générale du standard au 1/96 de livre. Les monnaies de Licinius montrent au contraire que cette évolution était déjà engagée plusieurs mois auparavant.

La disparition de Maximin II pourrait donc davantage correspondre à une seconde étape de la réforme, celle au cours de laquelle Constantin adopte à son tour le nouveau standard et en modifie simultanément les caractéristiques dimensionnelles.

La transition entre le RIC VI et le RIC VII ne correspondrait dès lors pas à une rupture monétaire nette, mais à une évolution progressive, dont la chronologie diffère selon les ateliers.

Les découvertes réalisées depuis la publication des deux volumes permettent précisément de mieux percevoir cette continuité et conduisent à revoir certaines attributions du RIC, notamment lorsque la présence désormais attestée de Maximin II dans certaines émissions remet en cause leur classement dans le RIC VII.

Ainsi, loin de constituer une simple frontière chronologique entre deux volumes du Roman Imperial Coinage, la transition entre les RIC VI et VII apparaît comme le reflet d’une évolution monétaire progressive, engagée avant la disparition de Maximin II et mise en œuvre selon des modalités différentes dans les territoires de Licinius et de Constantin.

While the Roman Imperial Coinage, Volume VI (RIC VI), celebrates the sixtieth anniversary of its publication this year, and RIC VII will celebrate its own sixtieth anniversary next year, it is worth revisiting the transition between these two standard reference works. This question is particularly relevant to the coinage of Licinius I, which is divided between the two volumes. Numismatic discoveries made since their publication now make it possible to refine the chronology of certain issues and, above all, to propose a new interpretation of the transition between RIC VI and RIC VII.

RIC VI ends with the disappearance of Maximinus II from the coinage, an event that appears to coincide with the reduction in the weight standard of the bronze coinage, whose theoretical weight was reduced from 1/72 to 1/96 of a Roman pound, that is, from 4.5 g to approximately 3.37 g.

However, a study of the various issues shows that this development actually took place in two stages, the first of which occurred before Maximinus II disappeared from the coinage.

Trier

To demonstrate this, we shall first examine the final issues of the Trier and London mints struck in the name of Constantine I, and compare them with the issues produced at Licinius I’s three mints at the end of 312 and the beginning of 313: Heraclea, Siscia and Thessalonica.

At Trier, the issue T-F / PTR, struck on the 1/72-pound standard, is the last in which Maximinus II still appears. Although Constantine reserved the reverse GENIO POP ROM for his two colleagues, it should be noted that Maximinus II was also associated with the reverse SOLI INVICTO COMITI. These coins remain extremely rare. By contrast, no equivalent specimen for Licinius I is currently known.

This slight difference may indicate that Constantine did not accord exactly the same iconographic treatment to his two colleagues in the coinage of Trier. Although the issues of Maximinus II bearing the reverse SOLI INVICTO COMITI are exceptional, their very existence reveals a distinction that does not appear to have been extended to Licinius I.

On the basis of the evidence currently available, this disparity could reflect a hierarchy, or at least a nuance in the political choices maintained by Constantine towards his colleagues. This interpretation must nevertheless remain cautious, since it is based solely on the specimens currently recorded.

London

At London, we find broadly the same characteristics as at Trier, with the reverse GENIO POP ROM being exclusively reserved for Constantine’s two colleagues.

There is, however, an evolution in the iconographic treatment from the point at which Maximinus II disappears from the issues. In the issue – * / PLN, Maximinus II appears, as at Trier, to have received slightly more favourable treatment, since he was once again the only emperor associated with the reverse PRINCIPI IVVENTVTIS.

In the final issue on the 1/72-pound standard, (*- / PLN), Maximinus II disappears completely from the coins bearing the reverse GENIO POP ROM, while Constantine associates Licinius I more closely with his coinage than in the preceding issue, also including him, although only to a limited extent, on the reverses SECURITAS AVGG NN, COMITI AAVVGG, and finally MARTI CONSERVATORI, the latter not yet having been recorded in the RIC.

The discovery of a coin in the name of Maximinus II bearing the reverse SECVRITAS AVGG NN, on the 1/72-pound standard and with the star on the left (* – / PLN), shows that this was indeed the reverse with which the new issue began. It also indicates that Constantine I initially included Maximinus II in this issue.

In light of these observations, the rapprochement between Constantine and Licinius, highlighted by their meeting at Milan on 13 February 313, appears more as a political calculation than as the expression of a genuinely sincere understanding.

The coin bearing SECVRITAS AVGG NN in the name of Maximinus II also makes it possible to date the issue (*- / PLN) to February–March 313, that is, to the same period as the Trier issue (T-F / PTR), rather than to the end of 312.

The study of the Trier and London coins belonging to the final issues of RIC VI confirms that they were all struck on the 1/72-pound standard, with a beaded-border diameter of approximately 22 mm.

By contrast, the coins in the name of Constantine I bearing the reverse SOLI INVICTO COMITI from the issue (* – / PLN) should indeed be transferred to the following volume. Maximinus II is absent from these coins, which are struck on the 1/96-pound standard, with a diameter of 20 mm and an average weight of 3.41 g for 35 specimens.

In this case, the disappearance of Maximinus II from the coinage in the spring of 313 would correspond, in the mints controlled by Constantine, to a monetary change from the 1/72-pound, 22 mm standard to the 1/96-pound standard with a diameter of approximately 20 mm.

This development nevertheless took place while retaining the same issue marks: T-F / PTR at Trier and *- / PLN at London. The retention of these marks suggests that the reform was implemented with relatively little advance preparation, although in a coordinated manner.

We shall now turn to the mints of Licinius I.

Heraclea

The city of Heraclea was still under the authority of Licinius I when he met Constantine I at Milan. Before it was briefly seized by Maximinus II, the mint produced coins in the names of all three emperors with the legend IOVI CONSER-VATORI AVGG (RIC VI 73–75).

Judging from the large quantity of coins bearing the portrait of Licinius I, these issues may have been produced as early as the end of 312.

With a beaded-border diameter of approximately 22 mm and weights ranging from 3.39 g — the average of 35 specimens of Constantine I — to 3.45 g — the average of 55 specimens of Licinius I — it can be observed that Licinius had already begun to reduce the weight of the coinage compared with the preceding issues, while retaining the same diameter.

For comparison, RIC VI 68 has an average weight of 4.65 g for 31 specimens. The reduction observed at Heraclea therefore corresponds to a ratio close to the theoretical 1/96-pound standard.

There then followed a brief monetary interlude during which Maximinus II seized Heraclea after an eight-day siege. The mint subsequently produced new issues, reverting to a 1/64-pound standard, as shown by the example presented below.

It is interesting to note that this production appears to have been prepared in advance. The dies used may not have been engraved by the regular personnel of Heraclea, but may instead have been prepared by engravers from the Antioch mint. This is suggested by the stylistic comparison between the two mints, as illustrated by the images below. This hypothesis would explain the speed with which the change in production could have been implemented following the capture of the city.

On 13 April 313, Licinius inflicted a decisive defeat on Maximinus II at the Battle of Tzirallum, near modern Çorlu, in the European part of Turkey. Although his forces were considerably smaller, he succeeded in routing his opponent, who fled precipitously across the Bosphorus to return to Asia Minor.

The following issue of Heraclea retained the same reverse type, but with a different division of the legend: IOVI CONS-ERVATORI AVGG (RIC VII 5 and 6). This time, Maximinus II no longer appears.

This issue should naturally be placed in RIC VII, while nevertheless retaining the same weight and dimensional characteristics as RIC VI 73–75. RIC VII 6, for example, has an average weight of 3.51 g for 31 specimens.

This continuity is significant: the change from one RIC volume to the next does not necessarily correspond to a break in the characteristics of the coinage. In the case of Heraclea, an issue classified in RIC VII appears to be the direct continuation of an issue in RIC VI, the principal difference being the absence of Maximinus II.

Siscia

The Licinian mint furthest to the west probably began producing issues on the 1/96-pound standard at approximately the same time as Heraclea, at the end of 312 or the beginning of 313, beginning with coins bearing cuirassed busts.

The reverse legend differs, however, from that of Heraclea: IOVI CONSERVATORI AVGG NN, “To Jupiter, protector of our Augusti” (RIC VI 233a, 233b and 233c).Laureate, draped and cuirassed busts appear to have followed the cuirassed busts as production intensified. This increase may have been considerable, perhaps as much as three times the production of the cuirassed-bust series, for each of the three emperors.

As with the cuirassed-bust issues, coins struck in the name of Maximinus II nevertheless appear to be more numerous than those of Constantine I. At this stage of the study, however, it would be premature to interpret this as a deliberate policy on the part of Licinius.

This impression is nevertheless supported by the rarity indices in RIC VI, which assigned a rarity rating of S (Scarce) to Constantine I’s cuirassed-bust issues, compared with C (Common) for those of Maximinus II.

The final phase of this issue ended with the bare-bust coins. In the numbering of RIC VI, these are placed before the other two categories of busts, but they are also present in RIC VII (RIC VII 3 and 4), an attribution justified by the presumed absence of Maximinus II from this bust type.

This double attribution should, however, be corrected following the discovery of a specimen in the name of Maximinus II.

Chronologically, the bare-bust series immediately follows the series with laureate, draped and cuirassed busts. It very probably began in February 313, when Licinius learned of Maximinus II’s invasion of his territories, and ended with Maximinus II’s disappearance from the coinage.

In this context, RIC VII 3 and 4, attributed respectively to Constantine I and Licinius I, should now be grouped with RIC VI 232a and 232b.

Because of the diversity of bust types it contains, revealed by discoveries made since the publication of RIC VI, this issue bearing the reverse IOVI CONSERVATORI AVGG NN occupies a distinctive place in the coinage of Licinius I. It includes, in particular, consular busts in the names of all three emperors.

These coins, normally issued on the occasion of their assumption of the consulship on 1 January 313, nevertheless raise a chronological question: do they mark the beginning of this issue, or do they fall between two distinct series? With the evidence currently available, it is difficult to decide.

In any event, the overall evidence gives the impression that Licinius was still attempting to accommodate Maximinus II, despite his political rapprochement with Constantine I.

Thessalonica

The issue – A / .SM.TS. at Thessalonica probably began at approximately the same time as that of Siscia, as suggested by the use of the same reverse legend: IOVI CONSERVATORI AVGG NN.

The use of the abbreviation NN (Nostrorum) is relatively uncommon in the coinage of Licinius I. By using this formulation, Licinius may have sought to convey, at least outwardly, an image of unity within the imperial college.

The Thessalonica mint appears to have experienced relatively modest activity between 312 and 313 compared with Siscia and, even more so, Heraclea, whose production appears to have been almost ten times greater from the end of 312.

This disparity could be explained by the concentration of Licinius’ troops in the Heraclea region, requiring larger monetary issues to provide their pay. This remains, however, a hypothesis, since other administrative or logistical factors may also have played a role.

As in the two mints examined above, Thessalonica also shows a reduction in the weight of its issues. This parallel provides an additional argument in favour of a relatively simultaneous implementation of the reform at Licinius’ three mints.

The final issue of RIC VI, – / .TS.A (RIC VI 60, 61a and 61b), uses the same reverse legend as the preceding issue and confirms the reduction in weight, with the coins now struck at approximately 1/96 of a pound, while retaining a beaded-border diameter of around 22 mm.

This issue probably began at the very beginning of 313, since Maximinus II is still represented in significant numbers. When the numismatic evidence is compared with the chronology of events, the period during which coins were struck in his name can be estimated at approximately six weeks.

As we have seen above, Licinius appears to have sought to maintain a certain balance between issues in the name of Maximinus II and those of Constantine I. It is therefore tempting to interpret the 2.5-fold higher number of coins in favour of Constantine I as a chronological indicator that might help determine when this issue ended.

Indeed, such a ratio would correspond to a total production period of approximately sixteens weeks, which would place the end of the issue between late April and early May 313, precisely around the time when Maximinus II disappeared from the coinage.

The coins struck in the name of Licinius I, by contrast, are distinguished by their exceptional volume. This high level of production was probably related to the military circumstances: the campaign against Maximinus II, combined with the temporary loss of the Heraclea mint, probably forced Thessalonica to take over part of the monetary production required by the army and the imperial administration.

One difficulty nevertheless remains: how could a mint whose activity had previously been relatively modest increase its production capacity so rapidly? At this stage, no satisfactory answer can yet be provided.

A two-stage reform

Taken together, these observations suggest that the reduction to the 1/96-pound standard was first introduced at the mints of Licinius I — Heraclea, Siscia and Thessalonica — as early as the end of 312 or the very beginning of 313, several months before its adoption at the mints under the authority of Constantine I.

This development presents an important peculiarity. At Licinius’ mints, the transition to the new standard does not appear to have been immediately accompanied by a reduction in diameter. The coins retained a beaded-border diameter of approximately 22 mm, despite having a weight corresponding to the new 1/96-pound standard.

The change therefore appears initially to have been primarily a reduction in weight, with the physical characteristics of the preceding coinage temporarily retained.

The situation observed at Constantine’s mints is different. He does not appear to have adopted the new standard until after the disappearance of Maximinus II from the coinage, in the spring of 313. The change then appears to have been more complete, with a direct transition from the 1/72-pound, 22 mm standard to the 1/96-pound standard with a diameter of approximately 20 mm.

This development nevertheless took place while retaining the same issue marks: T-F / PTR at Trier and *- / PLN at London. The retention of these marks suggests that the reform was implemented with relatively little advance preparation, although in a coordinated manner.

This difference between the two monetary systems is particularly interesting. It could reflect an independent implementation of the reform by the two emperors. In Licinius’ territories, the new standard would have been adopted several months before its appearance in Constantine’s mints, but without an immediate reduction in diameter. Constantine, on the other hand, appears to have waited until the disappearance of Maximinus II before adopting a coinage that was both lighter and smaller in diameter.

It would be tempting to interpret this difference as evidence of a desire on Constantine’s part to assert monetary independence from Licinius. Such a political interpretation, however, cannot be demonstrated with certainty.

A more technical explanation must also be considered. Maintaining a diameter of 22 mm while substantially reducing the weight necessarily results in a significant reduction in flan thickness. This could make the flans more fragile during striking and increase the risk of deformation or cracking. The reduction in diameter may therefore have been, at least in part, a practical response to the need to adapt the dimensions of the flan to its new weight.

The reform thus appears less as a uniform measure imposed simultaneously throughout the Empire than as a gradual process whose implementation varied according to the authorities and mints concerned.

Licinius’ mints appear to have experimented with a reduction in weight as early as the end of 312 or the beginning of 313, while temporarily retaining the previous diameter. Constantine’s mints, by contrast, appear to have adopted only in the spring of 313 a standard combining a reduction in weight with a reduction in diameter.

This chronology therefore challenges the traditional idea that the disappearance of Maximinus II coincided with the general introduction of the 1/96-pound standard. The coins of Licinius instead show that this development was already under way several months earlier.

The disappearance of Maximinus II from the coinage may therefore correspond more accurately to a second stage of the reform, during which Constantine adopted the new standard and simultaneously modified the dimensions of the coinage.

The transition between RIC VI and RIC VII should therefore not be understood as a sharp monetary break, but rather as a gradual evolution whose chronology differed from one mint to another.

The discoveries made since the publication of the two volumes make it possible to perceive this continuity more clearly and lead to a reconsideration of certain RIC attributions, particularly where the now-attested presence of Maximinus II in certain issues calls into question their classification in RIC VII.

Thus, far from representing merely a chronological boundary between two volumes of the Roman Imperial Coinage, the transition between RIC VI and RIC VII appears to reflect a gradual monetary evolution, which began before the disappearance of Maximinus II and was implemented according to different modalities in the territories controlled by Licinius and Constantine.